Le livre en bref
Chronique de l’impossible explore ce temps intérieur que nous habitons sans le comprendre : le moment d’avant, le seuil du choix, le silence de l’après. Ce temps où tout vacille sans jamais s’effondrer.
Construit comme une traversée inversée, l’essai remonte vers ces éclats de lucidité que nous avions déjà pressentis, mais que nous n’avons pas su — ou pas pu — écouter. Il interroge les décalages : ce que l’on comprend trop tard, ce que l’on tait pour avancer, ce que l’on devine sans agir.
Ni méthode, ni morale : le texte accompagne, avec une lucidité douce, ces zones floues où nos décisions ne sont jamais tout à fait libres — façonnées par la peur, l’enfance, l’habitude, ou la fatigue d’être soi.
Chaque fragment ouvre un territoire silencieux : celui du non-choix, du regret discret, du récit intérieur, de cette impossible coïncidence entre ce que nous savons et ce que nous vivons réellement.
Plus qu’une réflexion, c’est un retour vers ce qui insistait en nous depuis longtemps. Un chemin grave, sensible, précis, pour celles et ceux qui ont déjà senti venir… avant de pouvoir le reconnaître.
Un livre profond, lucide et d’une grande justesse, pour comprendre ce qui, en nous, savait déjà.
— Orphée Gramma
Prix : 17,90 €
Nombre de pages : 168
Format : 133 mm x 203 mm (disponible en broché & numérique)
Date de parution : décembre 2025
ISBN : xxx xxx xxx
Il arrive un moment où l’on ne peut plus faire semblant.
Non pas parce que tout s’écroule, ni même parce qu’un événement précis nous y oblige. Mais simplement parce que quelque chose, en nous, ne coopère plus.
Une voix, d’abord ténue, s’est mise à insister. Une sensation, familière et ancienne, a pris racine plus profondément. Et ce que l’on savait déjà, sans pouvoir l’admettre, commence doucement à remonter à la surface.
On dit parfois que le temps arrange tout. Mais c’est faux. Le temps ne corrige rien. Il passe. Et en passant, il révèle. Il met à nu ce que nous avons contourné, ce que nous avons tu, ce que nous avons différé.
Ce livre part de là.
D’un moment suspendu où l’on comprend que certains éclats de lucidité étaient là depuis longtemps, mais que l’on n’a pas su — pas pu — ou pas voulu les écouter.
Ce n’est pas un livre né d’une réponse. C’est un livre né d’un décalage. Le décalage entre ce que nous pressentions… et ce que nous avons vécu. Entre les signes que nous avons frôlés, et ceux que nous avons écartés. Il parle du presque-savoir. Du pressentiment comme forme de conscience inaboutie. Ce que l’on devinait. Ce que l’on n’a pas nommé. Ce que l’on a ressenti trop tôt — ou trop tard.
Il y a dans toute vie une part d’impossible. Pas l’impossible au sens grandiose ou tragique. Mais l’impossible discret. Celui qui se glisse entre les gestes, dans les choix que l’on n’a pas faits, dans les décisions que l’on n’a pas prises, dans les phrases qu’on n’a pas dites. L’impossible comme une zone floue que la raison ne maîtrise pas. Comme un écho que le présent ne peut absorber. Une forme d’écart entre ce que nous étions capables de voir… et ce que nous étions prêts à vivre.
Ce livre tente de s’approcher de cet écart.
Non pour le combler. Mais pour lui faire de la place.
Il n’apporte aucune promesse de résolution. Il n’a ni méthode ni leçon. Il traverse. Il cherche à nommer, avec douceur — mais sans esquive — cette sensation étrange que quelque chose avait été su avant l’heure. Et que ce savoir-là, trop diffus pour guider, trop flou pour trancher, est resté tapi dans l’ombre, jusqu’au jour où il est devenu trop lourd pour être ignoré.
Peut-être avions-nous déjà pressenti cela.
Depuis longtemps.
Quelque chose insistait en silence, sans pouvoir se formuler.
Mais ici, le regard change.
Il ne s’agit plus de contourner, de transformer ou de rêver.
Il s’agit de faire face. Non pas avec violence, mais avec précision. Non pas pour se libérer, mais pour consentir.
Ce n’est plus une clef que l’on cherche.
C’est une chambre. Un lieu intérieur, nu, presque vide. Un espace d’impossible que l’on apprend à habiter.
Lentement. Sincèrement. Sans vouloir le remplir.
Car certaines parts de nous ne demandent pas à être expliquées, seulement reconnues.
Ce livre n’est pas une avancée.
Il est un retour.
Un retour vers ce que nous savions déjà, mais que nous avions appris à taire. Un retour sans nostalgie. Sans amertume. Juste avec ce qu’il faut de lucidité pour regarder, enfin, ce que nous avons traversé sans le voir.
L’impossible n’est pas un obstacle. Il est un témoin.
Ce que nous avons toujours pressenti ne demandait pas à être résolu. Seulement à être écouté.
Ce livre ne propose pas de réponses. Il offre un silence.
Celui qu’il faut parfois… pour enfin entendre.