Toujours plus

Miroir d’un monde à gagner

Un essai pour comprendre comment la logique du gain s’est infiltrée dans nos vies, jusqu’à redéfinir ce que signifie exister.

Nous ne vivons plus seulement.
Nous jouons — souvent sans savoir à quoi.

Le livre en bref

Toujours plus explore la transformation silencieuse de notre rapport au monde : celle d’une existence peu à peu structurée par la performance, la comparaison et la nécessité de gagner. Gagner en visibilité, en reconnaissance, en réussite — parfois au détriment du vécu lui-même.

Dans une écriture lucide, incarnée et profondément humaine, ce neuvième livre observe comment la logique de la compétition s’est étendue bien au-delà des espaces officiels. Elle infiltre désormais les carrières, les relations, les désirs, jusqu’aux gestes les plus intimes. La vie devient scène. L’émotion, un effet attendu. La reconnaissance, une condition implicite.

L’essai traverse ces mécanismes sans dénonciation ni nostalgie. Il cherche à comprendre ce que cette mise en jeu permanente fait à notre présence, à notre fatigue, à notre manière d’être au monde. Ce qui se tend. Ce qui s’use. Ce qui se perd — souvent sans bruit.

Mais Toujours plus ouvre aussi un déplacement. Une interrogation plus profonde sur la notion même de réussite. Sur les chemins discrets, les choix non compétitifs, les formes de vie qui ne gagnent pas — mais qui tiennent.

Ce texte n’invite pas à sortir du monde.
Il invite à le regarder autrement.
À reprendre conscience du jeu — pour peut-être cesser de s’y perdre.

Un livre d’une grande maturité, lucide et profondément actuel, qui interroge la performance sans jamais perdre le sens du vivant.

— Orphée Gramma

Prix : 17,90 €
Nombre de pages : 312
Format : 133 mm x 203 mm (disponible en broché & numérique)
Date de parution : février 2026
ISBN : 978-2-488894-16-6 (broché)
ISBN : 978-2-488894-17-3 (numérique)

Avant-propos

La scène et le vertige

Imaginez.

Une salle obscure. Un projecteur allumé. Le rideau se lève…

Vous êtes là.

Il n’y a pas eu de répétition. Pas de script. Pas de consigne claire. Et pourtant, tout est prêt. Les regards sont déjà tournés vers vous. Non pas hostiles. Attentifs. Suspendus.

Quelque chose, sans mot, vous traverse : il va falloir être à la hauteur. Convaincre, peut-être. Séduire, sûrement. Gagner… d’une manière ou d’une autre.

Personne ne vous l’a demandé. Personne ne l’a formulé. C’est simplement dans l’air. Un climat discret. Une attente diffuse. Une pression douce, presque polie. On ne vous ordonne rien. Mais tout semble attendre quelque chose de vous.

Alors vous jouez.

Le monde contemporain a fait de la reconnaissance une condition silencieuse. Ce n’est plus un élan. Ce n’est plus une rencontre. C’est un cadre. Une trame invisible dans laquelle nos gestes s’inscrivent, parfois sans que nous le sachions. Chaque parole devient signe. Chaque silence, interprétation. Chaque présence… performance possible.

On ne vit plus seulement. On se présente. On ne ressent plus simplement. On s’expose. On ne traverse plus les jours. On les scénarise. Et l’on s’épuise doucement dans cette mise en scène permanente de soi.

Ce livre est né de cette lassitude.

De ce moment où l’on se surprend à jouer… sans même savoir quand le jeu a commencé. D’un souffle court, au milieu du vacarme. D’un désir de comprendre ce qui, en nous, s’est laissé glisser dans la scène — parfois sans y croire, parfois sans même s’en rendre compte.

Il ne s’agit pas ici d’accuser. Il ne s’agit pas de pointer du doigt une époque ou un système. Il s’agit de sentir, plus finement, ce que cette logique de la compétition fait advenir en nous.

Ce qu’elle déplace. Ce qu’elle fragilise. Ce qu’elle exige — sans jamais le dire.

Pourquoi ce besoin d’être vu ? Pourquoi cette attente de validation, même dans les gestes les plus simples ? Pourquoi cette inquiétude étrange, quand rien ne se passe — comme si l’absence de regard équivalait à une absence d’existence ?

Sous les lumières artificielles de notre temps, tout semble devenu scène. Les carrières. Les relations. Les trajectoires personnelles. Même l’intime.

On y joue pour être.

On y gagne pour exister.

On y perd… sans toujours comprendre ce que l’on a misé.

Ce livre n’est pas une critique. Il est un miroir.

Un miroir tendu non vers ce que nous exhibons, mais vers ce qui se tait — en nous — pendant que nous jouons.

Peut-être avons-nous confondu l’intensité avec l’exposition. Peut-être avons-nous cru que réussir, c’était séduire, convaincre. Peut-être avons-nous accepté, sans le voir, que nos désirs soient scénarisés par d’autres.

L’enjeu n’est peut-être pas de sortir du jeu — mais d’en reprendre conscience.

Ce texte n’offre pas de solution. Il n’ouvre pas de voie toute tracée. Il entrouvre une brèche. Un espace de respiration, au milieu du bruit. Un lieu où l’on peut — un instant — retirer le costume. Écouter ce qui reste quand le rôle se tait.

Il ne s’agira pas ici de renoncer au monde. Mais de se demander, avec honnêteté et douceur : est-ce encore moi qui parle… ou le rôle que l’on attend de moi ?

C’est un livre pour ralentir au cœur même de la vitesse.

Pour faire silence au cœur même du bruit.

Pour retrouver, peut-être, ce goût du réel que l’on avait laissé derrière la scène.

Bienvenue dans ce miroir.

Dire juste.
Dire beau.
Dire vrai.

C’est notre manière d’éditer.

Et notre manière d’être au monde.