Imaginez

Le pouvoir de l’imagination

Un essai pour retrouver en nous la force discrète de l’imaginaire — celle qui éclaire le réel sans le fuir.

L’imaginaire ne nous éloigne pas du monde.
Il nous y rend plus présents.

Le livre en bref

Imaginez explore, avec une douceur lucide, ce que l’imagination réveille en nous. Dans un monde saturé de raisonnable, de performance et de discours, le livre rappelle que l’imaginaire n’est ni un luxe ni une fuite : il est une manière d’habiter le réel, de l’éclairer autrement, de lui rendre sa profondeur.

Le texte traverse d’abord l’enfance — ce territoire où le monde ne s’opposait pas encore au possible. Puis il glisse vers le quotidien : ces gestes simples qui, lorsqu’on les regarde autrement, réenchantent ce qui semblait figé. Il s’ouvre enfin aux imaginaires partagés, à la capacité de rêver ensemble, même à travers les outils les plus inattendus, pour esquisser d’autres formes de lien et de présence.

Ce livre n’enseigne pas. Il invite.
Il propose une respiration dans le tumulte contemporain : une manière de rouvrir cet espace intérieur où le sensible retrouve sa place, où le rêve ne contredit pas le réel mais le prolonge.

Un texte vivant, limpide et poétique, qui rappelle que l’imaginaire n’est pas un détour : il est une source.

— Orphée Gramma

Prix : 17,90 €
Nombre de pages : 208
Format : 133 mm x 203 mm (disponible en broché & numérique)
Date de parution : décembre 2025
ISBN : xxx xxx xxx

Avant-propos

Rouvrir les yeux de l’intérieur

Il existe un moment très ancien — peut-être le plus ancien de tous — que nous ne savons plus nommer.

Un moment sans langage. Sans attente. Sans direction. Un instant d’enfance, ou d’avant l’enfance, où l’on regardait le monde non pas pour le comprendre, mais pour le rêver.

C’était un geste naturel. Une respiration.

Le réel ne s’opposait pas encore au possible. Il lui faisait place. 

Les objets vibraient d’autres fonctions. Les ombres devenaient des présences. Les silences, des passages. Et nous marchions dans cette réalité mouvante comme dans un pays connu — sans avoir besoin de preuve pour en éprouver la vérité.

Puis… peu à peu, ce pays a disparu.

Le langage a pris le dessus. Les horloges ont gagné du terrain.

Nous avons appris à nommer, à ordonner, à anticiper. Et dans ce lent apprentissage du réel, quelque chose s’est effacé sans bruit : l’étonnement. L’élan. La liberté de percevoir autrement.

Mais ce n’est pas une perte définitive. Ce qui fut en nous n’a jamais totalement disparu.

Il sommeille. Il murmure.

Il se tient dans les marges de nos vies remplies, dans les gestes automatiques, dans les silences que l’on ne sait plus écouter.

Il revient parfois, à travers une phrase inattendue, une lumière oblique, un rêve sans logique apparente. Il revient — fragile mais insistant.

Ce livre part de ce frémissement.

Il ne parle pas de l’imagination comme d’un don rare, ni comme d’un simple outil créatif. Il parle de l’imagination comme d’une faculté vitale — une manière d’être au monde. Une manière de s’ouvrir. De relier. De résister.

Car dans un monde saturé de contenus, de discours, de performances, imaginer devient un acte de présence.

Un acte sans éclat, mais essentiel.

Imaginer, ce n’est pas fuir : c’est voir autrement. C’est retrouver un espace intérieur où tout ne sert pas à quelque chose. Où l’inutile a un sens. Où le sensible a sa place.

Imaginer, c’est rouvrir une chambre oubliée. Un lieu où les gestes redeviennent légers, les idées fécondes, les jours poreux à la surprise.

Un lieu sans mode d’emploi, mais qui connaît en silence ce qui nous relie au vivant.

Ce livre ne propose pas de techniques. Il n’enseigne rien. Il suit un fil. Un fil tissé de souvenirs enfouis, d’horizons rêvés, de gestes quotidiens qui reprennent sens. Il traverse l’enfance, le jeu, les contes. Il passe par la lenteur, l’art, les utopies collectives. Il interroge aussi ce que la technologie pourrait devenir si elle se mettait au service du sensible — et non de l’accélération.

Mais surtout, il cherche ce que l’imaginaire transforme en nous.

Comment il réveille. Comment il révèle. Comment il nous rend à cette part de nous que nous avions rangée sous le nom de fantaisie, alors qu’elle était source.

Ce texte ne cherche ni à convaincre ni à séduire. Il tente de rappeler doucement que l’imaginaire n’est pas une ressource pour plus tard, ni un refuge pour fuir.

Il est une présence à cultiver.

Une matière à habiter.

Une écoute à retrouver.

Peut-être avons-nous laissé le rêve derrière nous en croyant grandir.

Mais il n’est jamais trop tard pour rouvrir les yeux de l’intérieur.

Car parfois, ce que nous appelons « créer » n’est qu’un retour à cette part ancienne, souterraine et intacte, qui n’a jamais cessé de dessiner — en nous — les contours d’un monde possible.

Dire juste.
Dire beau.
Dire vrai.

C’est notre manière d’éditer.

Et notre manière d’être au monde.