Le livre en bref
Savoir Avant explore cette zone secrète de nos existences : celle des intuitions muettes, des frissons sans cause, de ces perceptions fines que nous ressentons parfois avant même de pouvoir les comprendre.
À travers une prose lente, sensible et suspendue, l’essai s’attarde sur ces savoirs diffus qui ne s’expliquent pas : une atmosphère qui change, un geste retenu, un mot qui manque, un trouble qui demeure. Il ne cherche pas à interpréter ni à prédire : il recueille, il effleure, il écoute.
Chaque fragment ouvre un passage vers un lieu intérieur où l’on sait autrement — sans preuve, sans raisonnement, mais avec une clarté étrange, discrète, ancienne.
Entre poésie et lucidité, le texte interroge ce qui précède la certitude : ces signes ténus qui nous avertissent, ces pressentiments qui nous relient à quelque chose de plus profond que nous.
Savoir Avant n’est pas un livre à comprendre. C’est un livre à sentir. Un livre à lire doucement, comme on écoute un murmure familier.
Un essai délicat, intuitif et remarquablement habité, pour celles et ceux qui reconnaissent en eux ce savoir silencieux — qui devance les mots.
— Orphée Gramma
Prix : 17,90 €
Nombre de pages : 180
Format : 133 mm x 203 mm (disponible en broché & numérique)
Date de parution : décembre 2025
ISBN : xxx xxx xxx
Il arrive parfois que l’on sache avant.
Pas avec des mots. Pas avec des preuves. Mais avec quelque chose de plus ancien, de plus diffus. Une sensation vague. Une tension dans l’air. Un frisson sans cause.
Ce savoir-là ne s’impose pas.
Il traverse. Il s’insinue. Il vibre à peine — comme une poussière de silence au creux de l’esprit.
On croit l’avoir rêvé. Et pourtant, il était là.
Avant le moment. Avant les faits. Avant que l’on comprenne.
Il y a en nous des éclats de lucidité que nous n’avons jamais appris à nommer. Des perceptions muettes, des intuitions floues, des pensées embryonnaires qui ne prennent pas encore la forme d’une idée, mais qui insistent — discrètement.
Une atmosphère, un geste retenu, un regard trop appuyé. Un mot oublié, une hésitation dans la voix, un rêve sans queue ni tête qui semble pourtant nous avertir.
Il y a en nous des fragments de savoir qui échappent à la logique.
Nous savons… Mais autrement.
Ce livre est né de ces savoirs sans langage. De ces pressentiments infimes, de ces mouvements internes que rien n’a provoqués, mais que tout semble confirmer après coup.
Il n’a pas été conçu pour démontrer. Il ne prouve rien. Il ne cherche pas à convaincre.
Il recueille.
Il écoute ce qui tremble. Il regarde ce qui est passé trop vite. Il tend l’oreille aux signes discrets, aux mémoires incomplètes, aux frissons de conscience qui traversent nos corps sans s’arrêter.
Ici, les phrases n’avancent pas pour expliquer. Elles cherchent. Elles glissent dans des zones floues. Elles frôlent ce que l’on ressent sans comprendre. Elles accueillent ce qui précède l’évidence.
Ce n’est pas un livre à lire pour apprendre.
C’est un livre à écouter, peut-être. À sentir. À respirer doucement.
Il parle d’un lieu intérieur que l’on connaît sans l’avoir visité. Un lieu qui ne porte pas de nom, mais dont on reconnaît les contours au premier trouble.
Il ne s’agit pas ici de prolonger une réflexion commencée ailleurs. Mais il est possible que les lecteurs des cinq livres précédents perçoivent un fil, une résonance, un frisson familier. Une boucle qui ne se referme pas, mais qui se dissout doucement. Un souffle plus lent, venu d’un peu plus loin. Un murmure qui fait écho, à l’arrière-plan.
Car il s’agit peut-être, au fond, du même livre. Celui que l’on portait sans le savoir. Celui que l’on ne pouvait écrire qu’après les autres. Celui qui était là, en germe, dès le premier mot du premier ouvrage.
Ce livre n’est pas un départ. Ni une conclusion.
C’est un entre-deux. Une brume. Un battement.
Un recueil de fragments flottants, rassemblés non pour faire sens, mais pour faire présence.
Peut-être fallait-il du temps…
Peut-être fallait-il traverser tous les excès, les élans, les renoncements, les presque… pour enfin entendre ce qui — en nous — avait toujours su.
Avant les mots.
Avant les choix.
Avant le monde.